Monter un projet

Que ce soit pour décliner des orientations politiques en actions à mener sur notre territoire ou pour concevoir et mettre en œuvre un projet de coopération internationale, il faut se poser les bonnes questions dans le bon ordre. C’est ce que permet de faire la planification par objectifs.

Un projet est un ensemble d’activités visant à atteindre, dans des délais fixés et avec des moyens donnés (financiers, humains et techniques), des objectifs clairement définis.

La conception d’un projet se décompose en un certain nombre d’actions.

Action n°1 : Faire le diagnostic de la situation

L’enjeu de tout diagnostic : se poser les bonnes questions afin d’apporter des réponses adaptées et pérennes. A l’issue de cette étude de terrain, vous devez être en capacité de répondre aux questions suivantes : est-ce que mon idée de projet a le soutien des bénéficiaires ? Est-elle adaptée au contexte local ? Quel problème faut-il résoudre ? Comment ? Qui peut être associé ? Votre projet est-il voué à être pérenne ?

Le diagnostic sert plusieurs objectifs :

  • Recueillir et analyser les données nécessaires pour quantifier et qualifier les besoins, les demandes, les ressources disponibles à la mise en œuvre du projet.
  • Comprendre le contexte local (politique, économique, environnemental, socioculturel…).
  • Déterminer quelles actions sont pertinentes et faisables.
  • Valider ou invalider les hypothèses d’actions.
  • Interroger ses propres pratiques.
  • Décider de concevoir et de réaliser un projet (ou pas).

A savoir : un diagnostic ne mène pas toujours à un projet. Or tout diagnostic suscite nécessairement des attentes de la part des institutionnels et/ou de la population. Vous les sollicitez, réfléchissez ensemble à un pré-projet… Dans une démarche respectueuse, il est nécessaire, quelle que soit la décision prise, d’informer ceux qui ont été mobilisés des suites qui seront données à ce travail.

Action n°2 : Identifier les acteurs locaux à associer au projet

Les acteurs locaux susceptibles d’être concernés par ce projet sont appelés les parties prenantes. Qui sont-ils dans votre projet ? Il ne faut pas faire d’impasse. Chaque acteur peut avoir des attentes différentes par rapport à votre projet : faites le nécessaire pour identifier les intérêts de chacun. Il peut s’agir tant d’une association de quartier, d’un groupement de producteurs que de la mairie, d’une administration publique… Réaliser un tableau peut se révéler fructueux.

Travailler au nord comme au sud en concertation  avec les collectivités locales est impératif.

Les mairies ont des compétences locales dans de nombreux domaines : éducation, santé, eau et assainissement… Elles ont en charge l’administration de leur territoire. Elles doivent être informées de votre projet pour que vos actions s’intègrent dans la politique locale. Vous ne pouvez pas intervenir sans leur accord. Certaines d’entre elles disposent de plans de développement communaux. N’hésitez pas à les consulter.

Il ne faut pas occulter le rôle des chefs traditionnels. Un projet qui n’a pas leur assentiment est voué à l’échec.

Action n°3 : Rédiger votre projet et en définir les objectifs

Attardez-vous dans un premier temps sur la définition précise des objectifs. Ils peuvent être quantitatifs et qualitatifs. C’est une étape essentielle dans la rédaction du projet. Tout au long de la mise en œuvre du projet il faudra y revenir souvent pour vérifier qu’on ne s’est pas égaré. Une fois le travail de consensus mené avec les acteurs locaux et les problématiques locales bien comprises, distinguez deux niveaux d’objectifs :

  • Objectif général : il indique ce que le projet tente d’atteindre, le projet n’a pas vocation d’atteindre ce but dans son intégralité mais il doit chercher à avoir un impact (ex : améliorer la souveraineté alimentaire d’une population/ et ou une zone géographique).
  • Objectifs spécifiques : ce sont les objectifs concrets à atteindre. Il est conseillé de ne pas les multiplier et de rester relativement concis (afin d’éviter de faire plusieurs projets en un).

Les objectifs doivent être :

  • Clairs et simples : une idée par objectif
  • Mesurables, quantifiables par des indicateurs
  • Acceptés par les parties prenantes au projet
  • Réalisables avec les moyens humains, techniques et financiers disponibles
  • Evalués régulièrement

Les objectifs spécifiques doivent contribuer à l’objectif global.

 Structurer vos activités

Les activités sont l’ensemble des tâches à exécuter dans le cadre du projet pour produire les résultats prévus. Il faut être vigilant sur les activités à mettre en place. Vous devez toujours avoir à l’esprit ce que l’on appelle la « stratégie de sortie ». Pour chaque action du projet, il faut réfléchir à sa pérennité :

  • Quelles activités devons-nous proposer pour que les résultats de l’action soient durables ?
  • Quelles sont les ressources nécessaires pour pérenniser les activités (financières, matérielles, techniques…) ?
  • Qui fournira ces ressources lorsque le projet sera terminé ?
  • Définir des indicateurs de suivi qualitatifs et quantitatifs pour chacune des actions. Un indicateur est un moyen de mesurer de manière objective les résultats du projet et son impact. Un indicatif quantitatif est sous forme de chiffre.

Définir les résultats attendus

Un résultat est le produit direct des activités du projet. L’ensemble des résultats réalise l’objectif spécifique. Les résultats attendus du projet doivent être formulés avec des phrases entières et au présent (ex : « les villageois ont accès à l’eau potable »). Ne pas hésiter à être très précis et à se poser les questions : quoi ? combien ? quand ?

Action n°4 : Elaborer un projet de partenariat

Pour s’assurer que chaque partie est vraiment en accord avec l’objectif général, les objectifs spécifiques, les activités, les résultats attendus, les bénéficiaires, il est bon qu’un document soit co construit et que chaque évaluation permette de vérifier à quel point on est parvenu.

Le projet répond à un objectif de développement sur le long terme et à une demande locale de partenaires, non à une logique d’assistanat.  Les populations ne prendront part au projet que si eux seuls perçoivent l’intérêt même du projet proposé. Il est indispensable de s’accorder entre partenaires sur une même vision du pré-projet (sorte de cahier des charges) et sur le rôle que chacun aura à jouer.

Ce partenariat peut être officialisé par un document par exemple un accord de coopération.

Action n°5 : Piloter et évaluer le projet en cours de réalisation

Piloter le projet signifie que conjointement, les partenaires élaboreront un planning de mise en place des actions. Le suivi commun vise à prendre ensemble les décisions qui s’imposent.

Le planning prévoit qui fait quoi, quand, comment, avec quels moyens.

A l’issue de chaque période (semestre, année ?) une évaluation des actions entreprises lors de la période sera faite. Elle permettra de vérifier que les actions menées sont conformes aux prévisions.

Si ce n’est pas le cas, il conviendra de s’interroger sur les écarts et trouver les solutions pour réajuster le projet.

Cette évaluation permettra également de communiquer régulièrement auprès des populations et des institutionnels.

Travailler avec un partenaire étranger suppose de respecter des règles liées à l’interculturel. La vision occidentale de la gestion de projet n’est pas la même partout et peut être mal acceptée dans des cultures où la notion de temps est complètement différente.

Action n°6 : Financer le projet

Ressources : monter un projet

Fiche capitalisation d’expériences 13 : « Elevage familial : les leviers de la réussite »

Agence de Micro projets – La Guilde – 2017

L’AMP et Elevages Sans Frontières ont réuni des associations porteuses de microprojets d’élevage familial en Afrique de l’Ouest pour capitaliser autour des expériences de chacune. L’élevage familial est une activité courante dans les pays en développement, avec des pratiques plus ou moins traditionnelles. Dans le cadre de microprojets de solidarité internationale, le soutien à des activités d’élevage peut avoir plusieurs finalités : développer une activité génératrice de revenus (AGR), améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, diversifier les moyens d’existence et le capital des familles. Mais faire face aux aléas et garantir un élevage pérenne n’est pas toujours facile. Cette restitue les apprentissages collectifs issus des discussions.

Projets de formation et insertion professionnelle

Fiche technique n°11 – Agence des Microprojets – octobre 2016

L’Agence des Micro Projets et l’IECD ont réuni trois associations porteuses de microprojets pour capitaliser autour de leurs difficultés et des bonnes pratiques. Cette fiche restitue les apprentissages « de terrain » pour une meilleure efficacité des projets à venir.

Coopération, villes, région

Guide pratique pour réussir son projet de coopération décentralisée – Plateforma – juin 2016

Mise en oeuvre et pérennité d’un microprojet d’accès à la santé

Agence des microprojets – Février 2016
Capitalisation d’expérience – Fiche n°9

La création ou le renforcement d’une structure de santé peuvent être entrepris dans le cadre de microprojets de développement. Mais ces projets relatifs aux soins de santé primaires sont complexes. Quels sont les préalables à leur mise en oeuvre et les incontournables à leur pérennité ?

Le passage du micro au méso : structuration d’une association avec la création d’un premier emploi

Agence des Microprojets – Fiche de capitalisation n°10 – 2016

Bien souvent l’évolution de l’activité d’une petite association faite de bénévoles dépasse un seuil qui pousse son conseil d’administration à réfléchir à la création d’un premier emploi. Sous l’impulsion de l’Agence des Micro Projets et de la Coordination Humanitaire et Développement, six fondateurs d’associations (3 présidents et 3 directeurs) qui ont eu l’expérience d’un changement d’échelle se sont réunis. Cette fiche restitue leurs apprentissages collectifs.

L’accès à l’énergie photovoltaïque dans les microprojets d’aide au développement : Pertinences, exigences, alternatives

Evaluation et Capitalisation de microprojets – Agence des microprojets – décembre 2014

L’énergie solaire est-elle une solution pertinente dans le cadre des microprojets ? Quelles sont les exigences à respecter pour s’assurer d’un impact réel et pérenne ? Telles sont les questions centrales autour desquelles s’est construit cette étude pour proposer, non pas un mode d’emploi universel, mais une approche méthodologique visant à concevoir des projets les plus adaptés possibles aux contextes particuliers dans lesquels ils s’inscrivent…

L’intelligence culturelle – 15 thèmes à explorer pour travailler au contact des autres cultures

Auteurs :  Michel Sauquet et de Martin Vielajus – Editions Charles Léopold Mayer – Avril 2014

Conçu comme un guide, cet ouvrage est destiné à tous ceux qui vivent ou travaillent au contact de personnes issues d’univers culturels différents du leur (humanitaires, travailleurs sociaux, cadres expatriés, étudiants, diplomates…). Il propose au lecteur une série de ‘réflexe de questionnements’ qui permettent de revisiter des notions trop vite supposées communes, et d’éviter de trop nombreux malentendus.
Cette plongée dans la diversité des univers géo-culturels et socio-professionnels bouscule nos évidences et offre un détour qui éclaire sur nos propres fonctionnements.

Guide Montage de Projets

Salon des Solidarités – 2014

Ce guide est le fruit de l’expérience commune des collectifs ASAH et HUMANIS, qui dans leur travail accompagnent les ONG membres depuis 1996.

Etude sur les pratiques européennes de microprojets de développement à l’internationale

Agence des Microprojets – novembre 2013

Cette étude identifie des dispositifs de financement ou d’accompagnement dans 15 pays européens. Ce rapport montre que les microprojets représentent une permanence dans l’engagement qui tranche avec des budgets d’aide publique au développement (APD) à géométrie variable.

Réflexion sur la notion de réciprocité dans la coopération internationale

A travers cette analyse et d’autres travaux à venir, Horizons Solidaires conduit une réflexion sur les fondements, évolutions et conditions de pérennisation d’un partenariat de coopération internationale.
Ibrahim Dan Bariah Mahamadou Kabir a apporté son regard au terme de 6 mois de présence en service volontaire international à Caen, aux côtés d’Horizons Solidaires et d’Eau Vive Basse-Normandie.
Horizons Solidaires – 2013

Monter et financer son projet de solidarité internationale

Agence des microprojets – Guilde européenne du RAID – 2012

Comment concevoir, réaliser et financer un micro-projet ?

Guide pour la réalisation de forages au Mali

Réalisé par l’association Forages Mali en 2010 – mis à jour en 2011

Au Mali, les communes rurales ont la compétence de l’eau et nombre d’entre elles font appel à des partenaires (collectivités territoriales, associations et ONG) qui les accompagnent dans leur développement, dont une des priorités est souvent l’accès à l’eau potable.

Guide : « Agir dans un contexte interculturel »

Guide co-édité par Etudiants et Développement, Animafac et Radio Campus France – 2011

Ce guide s’adresse notamment aux étudiants désireux de monter un projet multiculturel, que ce soit en France, en Europe ou dans le monde. Véritable condensé d’expériences décliné en cinq fiches pratiques, il donne des pistes pour identifier un partenaire, préparer une rencontre ou encore faire financer un projet.

Un cadre logique ? Pourquoi ? A quoi ça sert ?

Fiche technique d’Horizon Solidaires – Août 2009

Mettre dans un tableau les tenants et aboutissants d’un projet, lister les facteurs externes dont il dépend…

Planifier ses actions ? Pourquoi ?

Fiche technique d’Horizon Solidaires – Août 2009

Planifier c’est anticiper. Anticiper c’est prévoir. Prévoir c’est réussir.

Concevoir, suivre et évaluer des actions de solidarité internationale

CIEDEL – 2009 – en partenariat avec Lianes Coopérations, F3E et la Région du Nord-Pas de Calais

Ce guide permet aux acteurs de solidarité internationale de se doter de références et points de repères pour s’interroger sur les modes d’intervention.

Cahiers n°60 : « Les plates-formes pays d’Horizons Solidaires »

Avril 2008

  • Echange d’expériences
  • Groupe de coopération renforcée Mali
  • Relations Collectivités-Associations
  • Colloque « Migrants »
  • Brèves
Culture tourisme et lutte contre la pauvreté au Sahara : une approche territoriale du développement

Guide méthodologie réalisé par Alain Laurent (Beira-CFP, réseau T2D2) et Laure Veirier (Interstices), à la demande de l’UNESCO – Juin 2007

Ce document vise à renforcer la coopération entre les dix Etats ayant le Sahara en commun et à promouvoir le développement d’un tourisme respectueux des patrimoines et des peuples du Sahara tout en constituant un vecteur de lutte contre la pauvreté.

Guide pratique de montage de projets

Ce guide résulte d’une initiative conjointe du GRDR, d’ECODEV et du Projet de Développement Social – 2007

Ce guide propose aux porteurs de projets de développement des explications simples et pratiques pour monter un projet à l’échelle locale.

Guide d’introduction au métier d’animateur de développement local

GRDR – 2007

Ce guide a été élaboré suite à un travail de capitalisation de la démarche de développement local mis en oeuvre par le GRDR au Mali, en Mauritanie et au Sénégal.

Guide partenariat : outils pratiques à l’usage des partenaires du Nord et du Sud

Coordination Sud – 2006

Issu de la capitalisation des expériences d’ONG, ce guide apporte des éléments de réflexion et des outils méthodologiques utiles pour améliorer des pratiques dans trois domaines : la définition d’une stratégie de partenariat, le renforcement de capacités dans le cadre d’un partenariat et la contractualisation.

Développement durable et solidarité internationale « Enjeux, bonnes pratiques, propositions pour un développement durable du Sud et du Nord »

Adéquations – Haut Conseil de la Coopération – 2006

Ce livret propose une analyse des enjeux, différents points de vue, des applications concrètes, une présentation de « bonnes pratiques » ainsi que des ressources documentaires.

La monographie : un outil d’animation et de concertation

Guide méthodologique – GRDR – 2005

Guide méthodologique pour la réalisation d’un diagnostic monographique communal.

La réciprocité dans les échanges Nord-Sud

Auteurs : Alexandra BELKHALFI, Hélène FRESNEL, Mamadou SAKE
Atelier Bretagne et coopération internationale – Licence d’aménagement – 2003

Ce rapport présente le principe de réciprocité et les actions dans cette matières des partenaires de la 5ème région du Mali et la Région Bretagne en France. Il met aussi en évidence le décalage existant entre la théorie et la pratique.
Enfin, l’annexe se compose d’un guide sur la mise en place de la réciprocité et la réflexion des auteurs sur ce sujet.

Le suivi d’un projet de développement – démarche, dispositif, indicateurs

Guide méthodologique – F3E – 2002

Ce guide a pour volonté de permettre aux organisations de solidarité internationale de s’approprier et de comprendre la démarche de suivi dans la conduite de projets associatifs.